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Portrait de Thomas, étudiant à Lyon : vivre avec 600€ par mois

Témoignage et budget détaillé d'un étudiant face à la précarité
10 octobre 2025 par
Portrait de Thomas, étudiant à Lyon : vivre avec 600€ par mois
Sarah Lenoir

Thomas, 22 ans, étudiant en communication à Lyon, jongle au quotidien avec un budget de 770 euros par mois pour couvrir logement, alimentation et vie étudiante. Son témoignage révèle la réalité crue de la précarité étudiante en 2025.

Un budget mensuel au centime près

Le budget de Thomas s'élève précisément à 770 euros mensuels, composés de 550 euros de bourse étudiante (échelon 6) et 220 euros d'APL. Cette somme doit couvrir l'intégralité de ses besoins, sans aucune aide familiale possible. Sarah Lenoir détaille dans son livre Comment vivre en France avec moins de 1000€ par mois comment ce jeune homme parvient à boucler ses fins de mois.

« Thomas, 22 ans, poursuit des études de communication à Lyon avec un budget mensuel total de 770 € : 550 € de bourse étudiante et 220 € d'APL. Sa chambre en résidence universitaire du Crous lui coûte 380 € charges comprises – un logement obtenu grâce à son statut de boursier échelon 6, mais qui représente plus d'un tiers de ses ressources. »

Le logement engloutit donc près de la moitié de son budget. Pour se nourrir, Thomas dispose de 120 euros par mois, répartis entre le restaurant universitaire et des courses minutieusement planifiées :

« Il prend ses repas au restaurant universitaire (tarif boursier de 1 euro le repas depuis janvier 2025, soit environ 40 € par mois pour une quarantaine de repas) et complète avec des courses au supermarché et au marché le samedi après-midi, où les commerçants réduisent leurs prix en fin de journée. »

Les dépenses fixes qui laissent peu de marge

Au-delà du logement et de l'alimentation, chaque euro compte dans le budget de Thomas. Les transports lui coûtent 35 euros mensuels grâce au tarif jeune de l'agglomération lyonnaise. Son forfait téléphonique est réduit au minimum avec 10 euros par mois, tandis qu'Internet est heureusement inclus dans sa résidence universitaire.

Les fournitures scolaires, livres d'occasion, photocopies et produits d'hygiène représentent un poste conséquent de 100 euros mensuels. Même les frais bancaires de 3 euros par mois pèsent dans ce budget serré. Le calcul est implacable :

« Total des dépenses fixes : 648 €. Il lui reste théoriquement 122 € pour les vêtements, sorties, imprévus et frais médicaux non remboursés, mais dans les faits, ce budget est très souvent dépassé. »

Des stratégies de survie au quotidien

Face à cette précarité, Thomas a développé un arsenal de stratégies pour joindre les deux bouts. Le réseau d'entraide entre étudiants constitue sa première ligne de défense contre l'isolement économique :

« Il s'est constitué un réseau d'entraide avec d'autres étudiants: ils s'échangent des livres de cours, partagent les frais de covoiturage pour rentrer en famille et organisent des soirées à tour de rôle plutôt que de fréquenter les bars. »

Les ressources gratuites de la ville deviennent essentielles dans son quotidien. Les bibliothèques municipales lui permettent d'accéder à la culture sans dépenser, tandis que les événements gratuits (concerts en plein air, projections, conférences) maintiennent une vie sociale minimale.

L'économie collaborative joue également un rôle crucial. Thomas utilise régulièrement les applications de dons entre particuliers comme Geev ou Donnons.org pour récupérer meubles et vaisselle. Pour éviter les achats impulsifs qui pourraient déséquilibrer son budget, il s'impose une règle stricte : attendre 48 heures avant tout achat non alimentaire.

L'isolement social, face cachée de la précarité

Le témoignage de Thomas révèle que les difficultés financières ne se limitent pas aux aspects matériels. L'isolement social constitue son principal défi quotidien :

« Le principal obstacle pour Thomas reste l'isolement social. Avec un budget serré, il se sent parfois exclu des sorties de son groupe de promotion : restaurants, bars, cinéma s'ajoutent vite pour atteindre 30 à 40 € en une soirée. »

Pour contrer cette exclusion, Thomas a pris l'initiative de proposer des alternatives gratuites ou peu coûteuses : pique-niques au parc, randonnées dominicales, soirées jeux de société. Cette démarche lui a permis une découverte importante :

« Il a découvert que beaucoup d'étudiants partageaient sa situation sans oser en parler. »

Les aides d'urgence, filet de sécurité fragile

Malgré toutes ses stratégies d'économie, Thomas reste vulnérable aux imprévus. La panne de son ordinateur portable l'année dernière a failli compromettre ses études. Heureusement, le système d'aide sociale universitaire a pu intervenir :

« Face aux dépenses imprévues (son ordinateur portable est tombé en panne l'année dernière), il a sollicité l'aide d'urgence du Crous qui lui a accordé 200 €, et a pu acheter un modèle reconditionné. Il consulte régulièrement l'assistante sociale de son université, qui l'a aidé à faire valoir ses droits et à obtenir la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) qui prend en charge ses frais de mutuelle. »

Ces dispositifs d'aide, bien que précieux, ne compensent pas l'épuisement mental causé par cette gestion permanente du budget. Thomas confie l'impact sur ses études :

« Thomas avoue que cette gestion permanente du budget demande beaucoup d'énergie. Il doit calculer en permanence, se priver régulièrement, et la pression financière affecte parfois sa concentration en cours. Il compte sur son diplôme pour accéder à un emploi stable et sortir de cette précarité. »

Les astuces concrètes de Thomas pour survivre

Au fil des mois, Thomas a développé des réflexes d'économie qui peuvent inspirer d'autres étudiants dans sa situation :

  • Faire ses courses au marché le samedi après-midi pour bénéficier des prix cassés de fin de journée
  • Privilégier le restaurant universitaire à 1 euro (tarif boursier) pour au moins un repas par jour
  • Créer un réseau d'échange de livres et fournitures avec d'autres étudiants
  • Utiliser les applications de dons entre particuliers pour l'équipement
  • Proposer systématiquement des alternatives gratuites aux sorties payantes
  • S'imposer 48 heures de réflexion avant tout achat non essentiel
  • Consulter régulièrement l'assistante sociale pour connaître toutes les aides disponibles

Points clés à retenir

  • Avec 770€ mensuels et 648€ de charges fixes, Thomas ne dispose que de 122€ pour tous ses imprévus et loisirs.
  • Le restaurant universitaire à 1€ et les marchés de fin de journée sont essentiels pour son alimentation.
  • L'entraide étudiante et les ressources culturelles gratuites permettent de maintenir une vie sociale malgré le budget serré.
  • L'isolement social et l'épuisement mental constituent les défis les plus difficiles de la précarité étudiante.
  • Les aides d'urgence du Crous et la Complémentaire Santé Solidaire offrent un filet de sécurité minimal mais indispensable.

Le portrait de Thomas illustre avec justesse la réalité de milliers d'étudiants français vivant sous le seuil de pauvreté. Pour découvrir d'autres témoignages et stratégies concrètes pour vivre avec un budget limité, consultez le livre Comment vivre en France avec moins de 1000€ par mois de Sarah Lenoir, qui compile de nombreux cas pratiques et solutions adaptées à différentes situations de précarité.

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À propos du livre

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