Dans toute famille, qu'on le veuille ou non, chaque membre possède une place inaliénable qui ne peut lui être retirée. Cette loi fondamentale, appelée principe d'appartenance, constitue la pierre angulaire des constellations familiales et systémiques.
Qu'est-ce que le principe d'appartenance ?
Le principe d'appartenance est le premier des trois grands principes qui régissent les systèmes familiaux selon l'approche des constellations familiales. Idris Lahore, médecin et fondateur de la méthode du Samadeva, nous enseigne dans son ouvrage « Constellations familiales et systémiques » que ce principe est fondamental car il reconnaît à chaque membre du système familial une place qui lui est propre et qui ne peut lui être retirée.
Ce principe signifie concrètement que tous ceux qui appartiennent au système familial y ont une place égale en droit. Personne ne peut être exclu, oublié ou renié sans que cela n'ait des conséquences sur l'ensemble du système. Cette appartenance est inconditionnelle : elle ne dépend ni des actes de la personne, ni de son destin, ni des sentiments que les autres membres éprouvent à son égard.
L'appartenance au système familial commence dès la conception. Même un enfant qui n'a vécu que quelques semaines dans le ventre de sa mère appartient pleinement au système. De même, les personnes décédées continuent d'appartenir au système familial, leur place demeure.
Les conséquences dramatiques des exclusions
Lorsqu'un membre de la famille est exclu, oublié ou renié, le système familial cherche à rétablir l'équilibre. Cette exclusion crée ce que l'auteur appelle une "perturbation grave" dans le système. Le système ne peut tolérer qu'un de ses membres soit écarté, et il mettra en place des mécanismes de compensation qui peuvent s'étendre sur plusieurs générations.
L'une des conséquences les plus fréquentes est ce qu'on appelle l'intrication. Un descendant, souvent sans en avoir conscience, va s'identifier à la personne exclue et reproduire des aspects de son destin. C'est comme si le système utilisait un vivant pour rappeler l'existence de celui qui a été oublié ou exclu.
Par exemple, si un oncle alcoolique a été renié par la famille et que plus personne ne parle de lui, il se peut qu'un enfant de la génération suivante développe des problèmes d'addiction. Sans le savoir, cet enfant porte la mémoire de l'exclu et rappelle au système que cette personne existe et a sa place.
Les dynamiques d'identification aux exclus
Les dynamiques d'identification aux exclus du système familial peuvent prendre plusieurs formes. Idris Lahore décrit dans son ouvrage plusieurs types de dynamiques douloureuses qui découlent du non-respect du principe d'appartenance :
- La dynamique "Je te suis" : un membre du système suit dans la mort ou la maladie un autre membre exclu ou oublié
- La dynamique "Plutôt moi que toi" : quelqu'un prend sur lui le fardeau d'un autre pour tenter de le soulager
- La dynamique de l'expiation : on se punit soi-même pour réparer une faute du système
- L'identification pure et simple : on vit des aspects du destin de l'exclu sans comprendre pourquoi
Ces identifications se font de manière totalement inconsciente. La personne qui est intriquée avec un exclu ne sait généralement pas qu'elle porte cette mémoire. Elle vit simplement des situations, des émotions ou des comportements qui ne lui appartiennent pas vraiment mais qui appartiennent à l'histoire du système familial.
Qui fait partie du système familial ?
Pour comprendre pleinement le principe d'appartenance, il est essentiel de savoir qui fait partie du système familial. Selon l'enseignement transmis dans l'ouvrage, appartiennent au système :
- Les parents et tous leurs enfants (vivants ou décédés, nés ou avortés)
- Les frères et sœurs
- Les grands-parents et leurs frères et sœurs
- Les arrière-grands-parents (et parfois au-delà selon les événements marquants)
- Les partenaires précédents des parents et grands-parents
- Toute personne dont le destin a permis un avantage au système (par exemple, quelqu'un dont l'héritage a profité à la famille)
- Toute personne à qui le système a causé un tort grave
Cette liste montre que le système familial est plus vaste que ce qu'on imagine généralement. Il ne se limite pas à la famille nucléaire mais inclut tous ceux dont le destin est intriqué avec celui de la famille.
Comment restaurer l'équilibre après une exclusion ?
La restauration de l'équilibre passe d'abord par la reconnaissance de la place de chacun dans le système. Il s'agit de réintégrer symboliquement ceux qui ont été exclus, de leur redonner leur place et leur dignité. Cette réintégration ne signifie pas nécessairement renouer des liens dans la réalité, mais reconnaître intérieurement que cette personne a sa place dans le système familial.
Dans le travail des constellations familiales, cette réintégration se fait souvent par des phrases de résolution. Par exemple, on peut dire intérieurement à la personne exclue : "Tu as ta place dans notre famille" ou "Je te vois et je reconnais que tu fais partie de nous". Ces paroles, prononcées avec sincérité, permettent de rétablir l'ordre dans le système.
L'auteur insiste sur l'importance de l'état intérieur de celui qui fait ce travail. Il ne s'agit pas de formules magiques mais d'une reconnaissance profonde et sincère de la place de chacun. Cette reconnaissance doit se faire dans un état de paix intérieure et de respect pour ce qui est.
Le principe d'égalité dans l'appartenance
Un aspect fondamental du principe d'appartenance est l'égalité. Tous les membres du système ont une égale dignité et une égale importance. Il n'y a pas de hiérarchie morale dans l'appartenance. Le criminel a autant sa place que le saint, l'enfant mort-né autant que celui qui a vécu cent ans.
Cette égalité peut être difficile à accepter pour notre conscience morale individuelle. Nous avons tendance à juger, à établir des hiérarchies morales, à considérer que certains méritent plus que d'autres d'appartenir à la famille. Mais le système familial fonctionne selon une logique différente, une logique qui dépasse nos jugements individuels.
Accepter cette égalité d'appartenance ne signifie pas approuver les actes de chacun. On peut reconnaître la place d'un ancêtre violent dans le système familial sans pour autant cautionner la violence. Il s'agit de deux niveaux différents : le niveau de l'appartenance systémique et le niveau du jugement moral individuel.
Points clés à retenir
- Le principe d'appartenance garantit à chaque membre du système familial une place inaliénable, indépendamment de ses actes ou de son destin.
- L'exclusion d'un membre crée des perturbations qui se manifestent souvent par des identifications inconscientes dans les générations suivantes.
- Le système familial inclut non seulement la famille proche mais aussi les ancêtres, les partenaires précédents et toute personne liée au destin familial.
- Restaurer l'équilibre nécessite de reconnaître la place de chacun avec respect et sans jugement moral.
- L'égalité d'appartenance est un principe fondamental qui transcende nos préférences personnelles.
Pour approfondir votre compréhension du principe d'appartenance et découvrir les exercices pratiques permettant de restaurer l'équilibre dans votre système familial, nous vous invitons à consulter l'ouvrage complet d'Idris Lahore : « Constellations familiales et systémiques - La sagesse cachée des liens invisibles ».
Les informations de cet article s'appuient sur l'ouvrage de référence cité. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute qualifié. En cas de doute, consultez un spécialiste.
À propos du livre
Constellations familiales et systémiques - La sagesse cachée des liens invisibles
Plongez au coeur des mystères des constellations familiales et systémiques à travers l'enseignement unique d'Idris Lahore, héritier de sagesses ancestrales et pionnier dans la transformation des dynamiques familiales.
Découvrir ce livre →