Notre rapport au système familial est gouverné par trois niveaux de conscience distincts qui influencent nos comportements, nos loyautés et notre capacité à nous réaliser pleinement. La constellation familiale systémique permet d'explorer ces métaconsciences en révélant les dynamiques cachées du génogramme familial.
La conscience morale personnelle : le besoin fondamental d'appartenance
La conscience morale personnelle naît dès les premiers instants de vie et reste active jusqu'à notre dernier souffle. Idris Lahore, médecin et fondateur du Samadeva, explique dans son ouvrage sur les constellations familiales et systémiques que cette conscience prend racine dans les besoins vitaux du nouveau-né.
Les trois nourritures essentielles de l'enfant
Selon l'enseignement d'Idris Lahore :
« Un petit enfant, tout petit, dans son berceau, a besoin que lui soient apportés trois types de nourriture : la nourriture de l'air, la nourriture des aliments et la nourriture des impressions, c'est-à-dire ce qui entre en lui par les sens : les oreilles, les yeux, l'odorat... Sans ces nourritures, il serait dans un état non pas humain, mais végétatif. »
Mais au-delà de ces besoins physiologiques, l'enfant a un besoin encore plus fondamental :
« Il a besoin du contact, du lien avec quelqu'un, principalement avec sa mère. S'il n'a pas ce contact, petit à petit il entre dans un état végétatif. »
Le mécanisme de la conscience morale personnelle
Cette conscience fonctionne selon un principe simple mais puissant : elle évalue constamment si nos actions favorisent ou menacent notre appartenance au groupe familial. L'enfant développe très tôt cette capacité à distinguer ce qui le rapproche ou l'éloigne de sa famille.
« Cette conscience qui dit : "Je me sens bien lorsque j'appartiens à ma famille, je me sens mal lorsque je me sens rejeté" va rester notre conscience personnelle jusqu'à la fin de nos jours. »
Les conséquences de ce mécanisme sont profondes :
- L'enfant adapte constamment son comportement pour être accepté et aimé
- Cette conscience distingue entre ce qui semble « bien » (ce qui favorise l'appartenance) et ce qui semble « mal » (ce qui menace l'appartenance)
- Elle crée une séparation entre « nous » (le système familial) et « eux » (ceux qui n'appartiennent pas au système)
Les trois principes systémiques fondamentaux
La conscience morale personnelle est intimement liée aux trois principes systémiques qui régissent la vie et l'amour dans les systèmes familiaux. Ces principes, décrits par Bert Hellinger et développés par Idris Lahore, structurent nos relations familiales.
Premier principe : l'appartenance
« Tous ceux qui appartiennent à un système, au système familial par exemple, ont le même droit d'appartenir à ce système et que personne ne peut les en exclure. »
Ce principe d'appartenance universelle est fondamental : chaque membre du système familial, qu'il soit apprécié ou rejeté, a sa place légitime dans le système.
Deuxième principe : la hiérarchie et le rang
« Mais quand arrive quelqu'un d'autre, il prend dans ce système une place bien spécifique liée au moment où il arrive. C'est-à-dire qu'il vient après ceux qui sont déjà là. C'est ce qu'on appelle le principe du rang ou de l'ancienneté ou de la place juste. »
L'ordre d'arrivée dans le système détermine la place de chacun, créant une hiérarchie naturelle basée sur l'ancienneté.
Troisième principe : l'équilibre entre donner et recevoir
« L'enfant qui était là avait toute la place auprès de sa mère et de son père et il va devoir céder un peu de sa place à un frère ou une sœur qui arrive. Il est normal qu'il réagisse d'une façon apparemment négative puisqu'on lui prend quelque chose : de la place, du temps, de l'attention. Il est normal qu'un équilibre soit refait, que quelque chose lui soit donné en échange. »
Quand cet équilibre n'est pas respecté, tout le système en souffre : parents, enfants et nouveau-né.
La conscience familiale systémique : au-delà de l'individu
Au-delà de la conscience morale personnelle existe un deuxième niveau de conscience : la conscience familiale ou systémique. Cette conscience opère à un niveau plus vaste et n'est pas centrée sur l'individu mais sur l'équilibre et la survie du système familial dans son ensemble.
Les caractéristiques de cette conscience systémique incluent :
- Elle veille à ce que tous les membres du système soient reconnus et aient leur place
- Elle maintient la mémoire des exclus, des oubliés et des victimes
- Elle peut utiliser les descendants pour rappeler ce qui a été occulté ou nié
- Elle ne fait pas de distinction entre « bien » et « mal » au sens moral individuel
La conscience spirituelle ou supra-morale : la transcendance des limites
Le troisième niveau de conscience, la conscience spirituelle ou supra-morale, représente une dimension qui transcende les limitations des deux premières consciences. Cette conscience permet de dépasser les loyautés familiales contraignantes et d'accéder à une vision plus large de l'existence.
Cette conscience spirituelle se caractérise par :
- Une vision qui englobe l'humanité entière, au-delà du clan familial
- La capacité de voir au-delà des jugements de « bien » et « mal »
- L'acceptation de ce qui est, sans chercher à exclure ou à nier
- La connexion avec une dimension plus vaste que le système familial
L'interaction entre les trois consciences
Ces trois niveaux de conscience ne s'excluent pas mutuellement mais coexistent en nous. La difficulté réside dans leur harmonisation, car elles peuvent entrer en conflit :
- La conscience morale personnelle peut nous pousser à rester fidèles à des schémas familiaux dysfonctionnels par loyauté
- La conscience systémique peut utiliser un individu pour réparer un déséquilibre ancien, au détriment de son épanouissement personnel
- La conscience spirituelle peut être perçue comme une trahison par la conscience morale personnelle
Le travail en constellations familiales, tel qu'enseigné par Idris Lahore, vise précisément à identifier ces conflits entre les différents niveaux de conscience et à permettre une réconciliation qui libère l'individu tout en honorant le système familial.
Points clés à retenir
- La conscience morale personnelle naît du besoin fondamental d'appartenance et guide nos comportements pour maintenir notre place dans le système familial.
- Les trois principes systémiques (appartenance, hiérarchie, équilibre) structurent les relations familiales et sont surveillés par la conscience familiale systémique.
- La conscience spirituelle permet de transcender les limitations des loyautés familiales tout en les honorant.
- L'harmonisation des trois consciences est essentielle pour une vie équilibrée et épanouie.
- Les constellations familiales révèlent les conflits entre ces consciences et facilitent leur réconciliation.
Pour approfondir cette compréhension des trois métaconsciences et leur impact sur notre vie, l'ouvrage « Constellations familiales et systémiques » d'Idris Lahore offre une exploration détaillée avec de nombreux cas pratiques et exercices.
Les informations de cet article s'appuient sur l'ouvrage de référence cité. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute qualifié. En cas de doute, consultez un spécialiste.
À propos du livre
Constellations familiales et systémiques - La sagesse cachée des liens invisibles
Plongez au coeur des mystères des constellations familiales et systémiques à travers l'enseignement unique d'Idris Lahore, héritier de sagesses ancestrales et pionnier dans la transformation des dynamiques familiales.
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