Les cinq attitudes des bodhisattvas constituent une éthique spirituelle concrète qui transforme notre quotidien en chemin d'évolution. Au-delà des règles morales, ces attitudes nous invitent à incarner les qualités de l'amour et de la compassion dans chaque interaction.
Qu'est-ce qu'un bodhisattva selon la Psycho-Anthropologie ?
Un bodhisattva est un éveillé spirituel qui a fait le vœu de revenir sur Terre pour aider tous les êtres qui souffrent à se libérer de la souffrance. Dans Devenir pour Être, Idris Lahore précise que le bodhisattva reviendra tant que des êtres seront dans la souffrance.
Ce vœu ne reste pas une simple intention : il s'applique immédiatement à travers cinq attitudes concrètes. L'idée fondamentale est qu'un être réellement humain s'efforce de développer son amour et sa compassion à un point tel qu'il ne peut plus profiter d'un bonheur solitaire. Il partage toujours ce qu'il vit de bon, de beau et de vrai avec les autres.
Première attitude : la bienveillance active
La bienveillance est la première attitude spirituelle à cultiver. Elle consiste à se demander constamment ce que nous pouvons faire de bien pour la personne qui s'approche de nous.
« Première attitude : nous décidons définitivement d'être bienveillants avec chacun. Nous nous demandons toujours ce que nous pouvons faire de bien ou de bon pour la personne qui s'approche de nous : "Comment être quelqu'un de bon pour cette personne, maintenant ?" ou bien : "Comment faire du bien ou apporter plus de paix dans cette situation ?". »
La bienveillance n'est pas un idéal abstrait mais une pratique incarnée dans des situations réelles et ordinaires. L'exemple donné dans le livre est éloquent : si quelqu'un vous apporte un café, regardez-le dans les yeux et remerciez-le avec un sourire. Pour celui qui ne vous apporte pas de café, offrez-lui le chocolat posé sur votre soucoupe.
Un aspect essentiel de cette bienveillance consiste à supporter la négativité et les attitudes désagréables des autres en comprenant leurs limitations et leurs souffrances.
Deuxième attitude : la gentillesse et le respect dans les gestes
La deuxième attitude concerne nos comportements physiques et nos gestes, qui doivent être empreints de douceur, de gentillesse et de respect.
« La deuxième attitude à cultiver est également très concrète : il s'agit d'avoir des comportements et des gestes toujours empreints de douceur, de gentillesse, de respect. L'âme se rabougrit chez celui qui est irrespectueux et cela se voit : ces gens se referment, ils s'aigrissent parce que quelque chose en eux ne fonctionne pas harmonieusement. »
Le livre nous invite à observer nos comportements quotidiens : faisons-nous claquer nos talons en marchant ? Claquons-nous les portes ? Gesticulons-nous inutilement ? Ces comportements violents manifestent nos instincts animaux plutôt qu'une nature véritablement humaine.
La douceur n'exclut pas la fermeté. Il ne s'agit pas de se laisser maltraiter, mais de s'affirmer sans entrer dans la réactivité ou la violence.
Troisième attitude : la courtoisie dans les paroles
Les paroles constituent un domaine crucial de notre pratique spirituelle. Elles doivent être respectueuses, courtoises et porteuses de paix.
« La troisième attitude est très proche de la précédente, mais elle concerne plus précisément les paroles. Il s'agit d'avoir des paroles toujours respectueuses, courtoises, polies, c'est-à-dire non-violentes et non-conflictuelles, des paroles porteuses de paix. Donc la question sera : "Que puis-je dire pour amener plus de paix dans la relation avec cette personne, dans cette situation ?" »
L'être humain tend à s'affirmer avec violence sous l'influence des traits négatifs issus des instincts animaux. Le défi consiste à trouver une manière supérieure de s'affirmer : avec droiture et fermeté, mais sans conflit.
Quatrième attitude : le partage équitable
Le partage constitue la quatrième attitude des bodhisattvas. Spirituellement, tout ce que nous possédons sans le partager pèse sur notre âme.
« La quatrième attitude est le partage. Tout ce que vous ne partagez pas, que vous amassez seulement pour vous, finit par peser sur votre âme et vous sera enlevé de force. [...] Dès que vous partagez, c'est comme si vous posiez à côté de vous le poids de ce que vous possédez, vous ne ployez plus sous ce fardeau. »
Le partage s'effectue avec équité : davantage aux personnes proches, mais quelque chose aussi à ceux que nous n'aimons pas vraiment. L'important est d'être dans la dynamique du partage, qu'il soit matériel, relationnel, émotionnel ou intellectuel.
Le livre souligne particulièrement le partage du temps, qui constitue une forme précieuse de générosité émotionnelle.
Cinquième attitude : la non-discrimination
La non-discrimination complète et couronne les quatre premières attitudes. Elle signifie qu'aucune personne n'est exclue de notre bienveillance.
« La cinquième attitude des bodhisattvas est la non-discrimination. On agit de façon équitable et on n'exclut personne de sa bienveillance, de sa courtoisie, de sa gentillesse, de son respect, de son partage. [...] On est comme le soleil qui dispense sa lumière et sa chaleur aux bons comme aux méchants. »
Cette attitude est particulièrement difficile car elle nous demande d'être aussi bienveillants avec ceux qui nous sont antipathiques qu'avec nos amis.
Comment intégrer ces attitudes dans votre quotidien
L'application de ces cinq attitudes nécessite des buts clairs dans votre vie. Être bon et gentil sans direction précise n'a pas d'effet sur votre évolution spirituelle.
La pratique commence souvent par l'extérieur. Même si intérieurement les plaintes et reproches persistent, l'adoption consciente de ces attitudes extérieures constitue le début du chemin. Progressivement, en persévérant et en acceptant de voir les parties en nous qui résistent, nous contactons notre propre esprit dont la substance même est faite de bonté et d'amour.
Points clés à retenir
- Les cinq attitudes des bodhisattvas offrent une éthique spirituelle concrète applicable immédiatement dans le quotidien.
- La bienveillance consiste à se demander constamment comment faire du bien aux autres, même face à leurs manifestations désagréables.
- La pratique extérieure des attitudes précède souvent la transformation intérieure et permet progressivement d'incarner les qualités de l'Esprit.
- Le partage libère spirituellement du poids de ce que nous possédons, qu'il soit matériel, émotionnel ou intellectuel.
- La non-discrimination représente le sommet de la pratique : être bon avec tous sans exception, comme le soleil.
Les informations de cet article s'appuient sur l'ouvrage de référence cité. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute qualifié. En cas de doute, consultez un spécialiste.
Pour approfondir cette pratique transformatrice et découvrir comment la Psycho-Anthropologie peut vous accompagner dans votre évolution spirituelle, explorez l'ouvrage complet Devenir pour Être d'Idris Lahore.
À propos du livre
Devenir pour Etre - De la psycho-anthropologie de Selim Aïssel à la nouvelle psychologie spirituelle
"Je souhaite à toute personne d'être heureuse, en bonne santé, de se réaliser dans son travail et de vivre l'harmonie relationnelle". C'est par ces quelques mots qu'Idris Lahore commence le plus incroyable livre jamais écrit sur la spiritualité.
Découvrir ce livre →