Le symbole de l'Ennéagramme cache en son sein deux lois mathématiques fondamentales qui révèlent les mystères de la création et de l'évolution : la loi du 3 et la loi du 7.
L'origine millénaire du symbole de l'Ennéagramme
Le mot Ennéagramme vient du grec ennea qui signifie NEUF et grammos qui signifie POINT. Selon Coline d'Aubret et France de Bois Centi, auteures du livre Ennéagramme & énergétique, ce symbole a traversé les siècles depuis les Écoles des Mystères de Mésopotamie, il y a 4500 ans avant notre ère.
La transmission de ce savoir secret s'est faite oralement de maître à élève, passant par des figures historiques majeures comme Zoroastre, Pythagore et Siddharta (qui deviendra le Bouddha). Les héritiers de cette tradition émigrèrent vers Boukhara il y a environ mille ans, et c'est au XVe siècle que les mathématiciens arabes formés à cet enseignement ont rendu publiques les deux formules extraordinaires qui structurent le symbole : la loi du 3 et la loi du 7.
La loi du 3 ou loi de la Triade : l'unité dans la trinité
La loi du 3 se révèle dans une opération mathématique simple mais profonde. Quand on divise 1 par 3, on obtient 0,33333333333333... le chiffre 3 se générant à l'infini. Cette répétition infinie n'est pas un hasard mathématique, mais révèle un principe fondamental de la création.
Symboliquement, comme l'expliquent les auteures, « la division d'un nombre par un autre consiste à soumettre le nombre initial aux lois particulières correspondant au diviseur ». Ainsi, quand on soumet l'unité (1) à la loi de la Triade (3), on découvre qu'il n'y a pas de différence entre cette unité et la triade qui la compose. C'est le mystère de la Trinité chrétienne : trois composants (Père-Fils-Esprit Saint) et pourtant ils sont Un.
La loi de la Triade est à l'œuvre dans toute la Création. Un événement ou une chose ne peut exister que lorsque trois impulsions ou trois forces sont réunies :
- La première force, créatrice, active, appelée force d'affirmation
- La deuxième force, réceptive, passive, appelée force de négation
- La troisième force, équilibrante, appelée force de conciliation
Cette loi du 3 se retrouve également dans de nombreuses œuvres d'art des grands maîtres, comme l'ont découvert les auteurs dans leur étude approfondie du symbolisme.
La loi du 7 : le mouvement perpétuel de la vie
La loi du 7 se manifeste quand on divise 1 par 7, donnant 0,142857142857142857... une série de chiffres illimitée, avec la séquence 142857 qui se répète à l'infini. Cette particularité mathématique révèle le principe du mouvement perpétuel dans la création.
Les divisions successives par 7 montrent un phénomène fascinant :
« 2/7 = 0,285714285714285714285714...
3/7 = 0,428571428571428571428571...
4/7 = 0,571428571428571428571428...
5/7 = ... et ainsi de suite... »
Dans toutes ces divisions, on retrouve la même succession de chiffres 142857 se répétant indéfiniment. Il est remarquable de noter que le chiffre 3 et ses multiples 6 et 9 sont absents de ces suites, créant ainsi une distinction entre les deux lois fondamentales.
Cette figure de l'hexagramme induit le mouvement perpétuel de la vie, qui se traduit par la loi de l'octave. Les auteures soulignent que « la vie est ainsi en évolution perpétuelle, passant par une série d'étapes nécessaires, sans lesquelles la création serait figée, sclérosée, morte ».
L'intégration des lois dans le symbole de l'Ennéagramme
Le symbole complet de l'Ennéagramme intègre ces deux lois mathématiques dans une figure géométrique harmonieuse. Dans ce symbole, on retrouve trois éléments essentiels :
- L'Unité primordiale, le Tout, le Cosmos, l'Univers, exprimé sous la forme d'un cercle
- La Triade (3) s'exprimant sous la forme du triangle équilatéral, la figure la plus équilibrée de la géométrie, qui unit les sommets 3, 6, 9
- Le Tout en transformation, divisé en sept (1/7 = 0,142857...), représentant le mouvement perpétuel de la vie par l'hexagramme
Les trois formes réunies - cercle, triangle, hexagramme - dessinent l'Ennéagramme sous sa forme actuelle. Cette forme à sept côtés représente, dans la tradition soufie, « le visage de Dieu sur terre ».
Les directions d'évolution selon les lois mathématiques
Le mouvement dans l'Ennéagramme peut suivre deux directions opposées, chacune ayant sa signification propre. Le mouvement peut aller dans le sens 142857142857..., qui est le sens d'involution ou de désintégration des ennéatypes. Inversement, il peut suivre le sens 758241758241..., qui est le sens d'évolution ou d'intégration des ennéatypes.
Cette direction d'intégration permet aux ennéatypes « d'acquérir des qualités supérieures », comme le précisent les auteures. Cette double direction inscrite dans les mathématiques sacrées du symbole offre une carte du développement psychologique et spirituel.
L'universalité du symbole à travers les traditions
L'universalité de ces lois mathématiques explique pourquoi on trouve tant de liens entre l'Ennéagramme et diverses traditions spirituelles. Les auteures notent les connections avec la Kabbale, les Évangiles chrétiens, le Bouddhisme et l'Islam. Chacune de ces traditions poursuit « à sa manière et avec ses propres mots une même recherche ».
Les soufis, et particulièrement la confrérie des Naqshband, ont été les détenteurs de cette connaissance. C'est à eux que l'Ennéagramme doit sa forme actuelle. Gurdjieff en 1920, Oscar Ichazo en 1950 (Institut Arica) et Claudio Naranjo plus tard, l'ont rendu accessible en l'adaptant au contexte occidental moderne.
Il est également fascinant de noter que notre gamme musicale, créée par Fra Guido d'Arezzo, est formée de sept notes (Do Ré Mi Fa Sol La Si) et de deux intervalles particuliers entre Mi et Fa et entre Si et Do, nous retrouvant ainsi le chiffre 9 (7+2 intervalles), lié à l'Ennéagramme.
La profondeur spirituelle du symbole mathématique
Au-delà de la simple typologie de personnalité, le symbole de l'Ennéagramme révèle une profondeur spirituelle inscrite dans ses mathématiques. Comme le soulignent les auteures en citant Gurdjieff : « Pour l'homme qui sait l'utiliser, l'Ennéagramme rend livres et bibliothèques entièrement inutiles... Un homme isolé dans le désert tracerait-il l'Ennéagramme sur le sable, il y pourrait lire les lois éternelles de l'univers. »
La division de 1 par 9 donne 0,11111111111... symbolisant que « en approfondissant les lois de l'Ennéagramme on peut retourner à l'Unité ». Cette promesse de retour à l'unité primordiale est inscrite dans la structure mathématique même du symbole.
Points clés à retenir
- La loi du 3 (1÷3=0,333...) révèle le principe de la Triade où trois forces créent toute manifestation dans l'univers.
- La loi du 7 (1÷7=0,142857...) génère une série infinie qui dessine l'hexagramme du mouvement perpétuel de la vie.
- Le symbole de l'Ennéagramme intègre ces deux lois dans une figure composée d'un cercle, d'un triangle et d'un hexagramme.
- Les mathématiciens arabes du XVe siècle ont rendu publiques ces formules issues d'un savoir millénaire transmis depuis la Mésopotamie.
- Ces lois mathématiques sacrées se retrouvent dans diverses traditions spirituelles et révèlent l'universalité du symbole de l'Ennéagramme.
Pour approfondir votre compréhension du symbole de l'Ennéagramme et de ses applications pratiques, découvrez le livre Ennéagramme & énergétique - Libérer le meilleur en soi de Coline d'Aubret et France de Bois Centi.
À propos du livre
Ennéagramme & Energétique - Libérer le meilleur en soi
Quelques questions s'imposent : comment se fait-il qu'un enseignement aussi ancien et aussi vaste que l'ennéagramme, qui fut également une clé pour la réalisation des chefs-d'oeuvre de grands artistes, tel Léonard de Vinci, se soit réduit à une simple typologie.
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