La maîtrise des postures et de la respiration constitue le socle fondamental de toute pratique du shiatsu, permettant au praticien d'optimiser la transmission énergétique tout en préservant son propre équilibre physique.
L'importance fondamentale de l'ancrage dans la pratique du shiatsu
Dans la pratique du Kiyindo Shiatsu®, l'ancrage à la terre représente un principe essentiel hérité de la culture japonaise. Pierre Clavreux, praticien expérimenté et auteur de référence en shiatsu, souligne dans son ouvrage que « dans la culture japonaise, le rapport à la terre est omniprésent : tout se fait, part et revient à la terre. »
Cette connexion profonde avec le sol permet au praticien d'enchaîner les mouvements avec fluidité et rythme, sans ressentir de fatigue excessive. L'ancrage n'est pas simplement une position statique, mais un état dynamique qui mobilise l'ensemble du corps et de l'esprit du shiatsu-shi.
Pour approfondir ces principes fondamentaux, l'ouvrage Kiyindo Shiatsu - La tonification de l'Energie détaille l'ensemble des techniques nécessaires à une pratique optimale.
Les quatre postures essentielles du shiatsu-shi
Le Kiyindo Shiatsu® s'articule autour de quatre postures principales, chacune répondant à des besoins spécifiques pendant le traitement. Ces postures ont été développées pour permettre une transmission optimale du Ki tout en préservant l'intégrité physique du praticien.
La posture seiza : l'assise traditionnelle
« C'est une posture assise en position agenouillée avec les genoux écartés à la largeur des épaules relâchées, les fessiers reposent sur les talons avec les orteils allongés sur le sol, la tête est placée dans l'alignement de la colonne vertébrale ; les genoux sont positionnés à la largeur des épaules pour permettre au bassin de pouvoir basculer naturellement en avant. »
Cette posture constitue la base de nombreuses pratiques japonaises et permet une grande stabilité tout en maintenant une mobilité du bassin essentielle pour les pressions exercées.
La posture kiza : l'équilibre dynamique
« C'est une posture assise avec les deux jambes repliées, les orteils en flexion plantaire, la colonne vertébrale centrée entre les deux genoux bien écartés et le sacrum perpendiculaire au sol. Par une bascule naturelle d'avant en arrière du bassin, la mise sous tension des orteils à partir de son centre de gravité permet d'aligner naturellement la colonne vertébrale. »
La posture kiza permet une transition fluide entre différentes positions et facilite le transfert du poids du corps pendant les stimulations.
La posture tate hiza : la mobilité contrôlée
« C'est une posture où le poids du corps repose sur une jambe fléchie, genou au sol, l'autre jambe est relevée en appui sur les orteils en flexion et le bassin est redressé afin d'assurer l'ancrage du shiatsu-shi. »
La posture hanza : le « chevalier servant »
« La posture hanza ou en « chevalier servant », position la plus sollicitée en Kiyindo Shiatsu®, permet de se mouvoir aisément pour pratiquer les principaux appuis et pressions sur l'ensemble du corps. Les épaules sont relâchées, le genou de la jambe droite est positionné vers l'arrière avec les orteils en flexion et le pied de la jambe gauche est plié en avant. »
Cette posture polyvalente est privilégiée car elle offre une grande amplitude de mouvement tout en maintenant un ancrage solide.
La respiration abdominale inversée : clé de la circulation énergétique
La respiration constitue un pilier fondamental de la pratique du shiatsu. Selon l'approche du Kiyindo Shiatsu®, la respiration abdominale inversée optimise la qualité de diffusion du Ki sur les tsubo stimulés pendant le traitement.
Pierre Clavreux explique que « de la naissance jusqu'à l'âge de huit ans environ, nous pratiquons naturellement une respiration abdominale. » Cette respiration naturelle, que l'on peut observer chez les bébés, mobilise principalement le ventre plutôt que le thorax.
En médecine traditionnelle chinoise, la respiration est intimement liée aux cinq éléments et particulièrement à l'élément Métal. L'inspiration, correspondant au mouvement de l'élément Eau, dirige le Ki vers l'intérieur et tempère les excès de Yang. L'expiration, reliée à l'élément Feu, permet au Ki de monter et de se diriger vers l'extérieur du corps.
Technique de la respiration abdominale inversée
« La respiration doit être douce, lente et profonde. Commencez toujours par une expiration par la bouche puis inspirez par le nez sans marquer de pause entre l'inspiration et l'expiration. Accompagnez votre souffle en visualisant le parcours circulaire Yin / Yang du Vaisseau Conception et du Vaisseau Gouverneur et prenez conscience du mouvement du sphincter anal qui se relâche à l'inspiration et qui remonte à l'expiration. »
Les étapes spécifiques de cette respiration sont :
- Inspirer en rentrant le ventre et en s'enracinant, en « poussant » le sacrum vers la terre à partir du tsubo VG 4 - Meimon
- Étirer simultanément le sommet du crâne vers le ciel à partir du tsubo VG 20 - Hyakue
- Visualiser une aspiration du sang du tanden vers l'éponge pulmonaire pendant l'inspiration
- Expirer en sortant le ventre avec la conscience du tsubo VC 1 - E in
- Sentir l'énergie se diffuser dans le tanden inférieur
- Vider complètement les poumons avant de prendre une nouvelle inspiration
Les principes d'optimisation du traitement
Pour garantir l'efficacité du traitement, le praticien doit respecter plusieurs principes fondamentaux dans sa préparation et sa pratique :
- Rester centré et stable au sol en maintenant une respiration inversée libre et continue
- Maintenir la tête alignée à la colonne vertébrale sans tension cervicale
- Appliquer le principe du levier avec les orteils en flexion plantaire pour éviter la sollicitation musculaire excessive
- Exercer tous les mouvements par la projection de l'axe jiku à partir du tanden inférieur
- Positionner le Hara face à la zone traitée pour permettre un transfert optimal du poids corporel
L'impact de la respiration sur la qualité du traitement
La respiration abdominale inversée ne se limite pas à un simple exercice respiratoire. Elle influence directement la qualité du shiatsu pratiqué. Plus le souffle est court, plus l'activité interne diminue, et la moindre tension affecte la respiration, ralentissant la diffusion du Ki à travers les mains du praticien.
Cette technique respiratoire spécifique permet également au shiatsu-shi de réguler son rythme cardiaque, d'activer la circulation du Ki pour réaligner son énergie, et de ressentir un état général de bien-être et de sérénité pendant la pratique. Ces bénéfices se transmettent naturellement au receveur, créant une synergie thérapeutique optimale.
Points clés à retenir
- Les quatre postures essentielles du Kiyindo Shiatsu® sont seiza, kiza, tate hiza et hanza, chacune adaptée à des besoins spécifiques du traitement.
- La respiration abdominale inversée optimise la circulation du Ki et prévient la fatigue du praticien pendant les séances.
- L'ancrage à la terre constitue un principe fondamental permettant fluidité et rythme dans l'enchaînement des mouvements.
- La posture hanza est la plus utilisée car elle offre mobilité et stabilité pour l'ensemble des pressions corporelles.
- La maîtrise de ces techniques fondamentales conditionne directement la qualité et l'efficacité du traitement shiatsu.
Pour approfondir ces techniques essentielles et découvrir l'ensemble de la méthode Kiyindo Shiatsu®, nous vous invitons à consulter l'ouvrage complet de Pierre Clavreux : Kiyindo Shiatsu - La tonification de l'Energie.
Les informations de cet article s'appuient sur l'ouvrage de référence cité. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute qualifié. En cas de doute, consultez un spécialiste.
À propos du livre
Kiyindo Shiatsu - La tonification de l'Energie
Le Kiyindo Shiatsu, par son toucher analgésique, est une technique originale de bien-être tant curative que préventive qui libère les tensions musculaires et articulaires en profondeur, booste les capacités d'auto-guérison du corps et redéfinit notre image corporelle.
Découvrir ce livre →