Les malas, ou éliminations corporelles, représentent un pilier fondamental de la santé selon l'Ayurvéda : leur bon fonctionnement détermine l'équilibre entre accumulation de toxines et purification naturelle du corps.
Que sont les malas en Ayurvéda ?
Les malas sont des substances qui sont en partie utilisées par le corps, en partie rejetées sous forme modifiée après avoir fait leur travail physiologique. Dans Le grand livre de l'Ayurvéda adapté à l'occident, Christine Blin-Chandrika nous explique que l'Ayurvéda identifie treize malas au total.
Ces treize éliminations comprennent : les selles, l'urine, la sueur, les gaz, les larmes, les rots, les ballonnements, les éternuements, les vomissements, la faim, la soif, le sommeil et l'éjaculation. Il est intéressant de noter qu'une pensée négative est également considérée comme un mala à éliminer selon cette tradition millénaire.
Parmi ces treize formes d'élimination, trois sont considérées comme les plus importantes pour maintenir l'équilibre de santé : la sueur (prasweda), les urines (mutra) et les selles (purisha). Ces trois malas principaux sont en équilibre dynamique les uns avec les autres pour maintenir la santé.
Les selles : première élimination majeure
Les selles constituent la première forme majeure d'élimination selon l'Ayurvéda. Elles sont solides, évacuées par le rectum, et proviennent des déchets produits par le métabolisme. Les bonnes selles sont bien formées, flottantes, molles, sans odeur désagréable.
Selon l'ouvrage de Christine Blin-Chandrika, les caractéristiques des selles varient selon les constitutions :
- Vata est souvent constipé avec des selles sèches, petites et dures
- Pitta est sujet à la diarrhée avec des selles molles et jaunes
- Kapha présente des selles abondantes, épaisses, lourdes et pâles
Les fèces donnent de la force au gros intestin, maintenant son tonus. Lors de leur passage dans les intestins, elles fournissent des nutriments à ceux-ci. La constipation entraîne de la gêne, des maux de tête, des flatulences, des douleurs et une mauvaise haleine. Il est crucial de traiter rapidement la diarrhée car elle provoque déshydratation et perte d'eau.
L'urine : deuxième élimination vitale
L'urine représente la deuxième forme majeure d'élimination des toxines. Elle est filtrée par les reins puis éliminée par la vessie. Si le corps retient l'eau, l'urine sera en quantité moindre et l'eau fera gonfler les tissus, affectant le sang et augmentant la tension artérielle.
La couleur de l'urine varie selon les doshas :
- Jaune pour Pitta
- Blanche pour Kapha
- Incolore pour Vata
L'observation de l'urine permet de détecter des déséquilibres : une coloration brune indique un trouble Vata, une couleur rouge un trouble Pitta, et une couleur trouble un problème Kapha. Une mauvaise odeur signale la présence de toxines dans le système.
Un excès d'urine entraîne un déséquilibre entre la sueur et l'urine, diminuant la température corporelle et causant des mains et pieds froids. En hiver, on urine plus et on transpire moins, l'urine aidant ainsi à équilibrer l'eau dans le corps.
La sueur : troisième élimination essentielle
La sueur constitue la troisième forme majeure d'élimination. Elle est liquide et s'élimine par les pores de la peau. La sueur est reliée à Pitta et permet de réguler la température du corps tout en gardant la peau souple.
Les caractéristiques de transpiration varient selon les constitutions :
- Vata transpire très peu et a une odeur neutre
- Pitta a une sueur importante à l'odeur forte
- Kapha transpire normalement et a une bonne odeur
Une insuffisance ou un excès de sueur diminue la résistance de la peau. En excès, elle provoque des mycoses ; en insuffisance, une peau sèche et des pellicules. La sueur excessive abaisse la température du corps, entraîne déshydratation et des extrémités froides. En été, on transpire plus et on urine moins, illustrant l'équilibre dynamique entre ces deux éliminations.
Les conséquences de la rétention des malas
Retenir les besoins naturels d'élimination provoque des symptômes spécifiques selon le type de mala retenu. Christine Blin-Chandrika détaille dans son ouvrage les conséquences précises :
« Si l'on retient les selles : maux de tête, flatulences, crampes dans les mollets, mauvaise haleine, ventre gonflé ; Si l'on retient l'urine : douleurs à la vessie et aux reins, dysurie (miction difficile), maux de tête, courbatures ; Si l'on retient ses gaz : flatulences, douleurs, ballonnements, maux de ventre »
D'autres rétentions provoquent également des troubles : retenir les vomissements cause démangeaisons et maladies de peau, retenir les rots provoque hoquet et problèmes cardiaques, retenir la faim entraîne maigreur et vertiges.
Vata est le dosha qui provoque ces besoins naturels. Le fait de les réprimer entraîne donc un trouble Vata qui peut être corrigé en pacifiant ce dosha et en exprimant ses besoins naturels.
Comment optimiser l'élimination des malas
Pour maintenir un équilibre optimal des malas et favoriser l'élimination des toxines, plusieurs principes ayurvédiques s'appliquent :
- Ne jamais retenir les besoins naturels d'élimination
- Observer régulièrement les caractéristiques de ses éliminations pour détecter les déséquilibres
- Adapter son alimentation et son mode de vie selon sa constitution (dosha)
- Maintenir une bonne hydratation pour faciliter l'élimination rénale
- Pratiquer une activité physique régulière pour stimuler la transpiration
La compréhension des malas permet d'identifier précocement les déséquilibres et d'ajuster son hygiène de vie. Par exemple, une personne Vata constipée devra privilégier des aliments humidifiants et chauds, tandis qu'une personne Pitta sujette à la diarrhée optera pour des aliments refroidissants et astringents.
Points clés à retenir
- Les malas sont des substances éliminées par le corps, comprenant 13 types dont 3 majeurs : selles, urine et sueur.
- Chaque dosha présente des caractéristiques d'élimination spécifiques permettant de détecter les déséquilibres.
- Retenir les besoins naturels d'élimination provoque des troubles de santé spécifiques à chaque type de mala.
- L'observation régulière des éliminations permet une détection précoce des déséquilibres de santé.
- L'équilibre des trois malas principaux est essentiel pour maintenir une santé optimale selon l'Ayurvéda.
Pour approfondir votre compréhension des malas et découvrir les méthodes ayurvédiques de purification comme le panchakarma, nous vous recommandons la lecture du Grand livre de l'Ayurvéda adapté à l'occident de Christine Blin-Chandrika.
Les informations de cet article s'appuient sur l'ouvrage de référence cité. Elles ne remplacent pas un diagnostic ni un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute qualifié. En cas de doute, consultez un spécialiste.
À propos du livre
Le grand livre de l'Ayurvéda adapté à l'occident
Que vous soyez bien portant, ou que vous souffriez de problèmes de santé (cholestérol, asthme, diabète, hypertension, rhumatismes, cellulite, angoisses, etc.), l'Ayurvéda peut vous aider à tout point de vue.
Découvrir ce livre →